C8 - Exemples d’expériences réussies de gestion communautaire dans d’autres organismes


1) De quoi s'agit-il ? Comme indiqué dans les deux fiches C5 et C6, il existe diverses organisations ayant pour but de gérer des installations (...)

 1) De quoi s’agit-il ?

Comme indiqué dans les deux fiches C5 et C6, il existe diverses organisations ayant pour but de gérer des installations d’eau dans les pays en développement.
Il s’agit ici de présenter deux exemples de telles organisations mises en place par des organismes, dont la mise en place s’est avérée être une réussite, trois autres exemples provenant du Réseau international de CARITAS faisant l’objet de la fiche précédente C7.


Travaux réalisés bénévolement par des membres d’un Comité de gestion pour une adduction d’eau.dans leur village

 2) Premier exemple

Le Programme de développement urbain TWIZE du GRET en colaboration avec les habitants en Mauritanie

Le programme TWIZE (Terme hassanya correspondant à un travail collectif solidaire, souvent réalisé par des membres de même sexe et de même catégorie sociale) est un programme de développement urbain mis en œuvre par le GRET (Groupe de recherches et d’échanges technologiques) en Mauritanie. Grâce à une approche mettant en avant le rôle des animateurs, le but de l’action est de permettre aux habitants de devenir les acteurs de leur développement, d’abord en effectuant un état des lieux et des enquêtes de terrain, préalables à l’animation d’une réflexion collective dont le but est d’aboutir à la mise en place d’un processus en 4 phases :

1- Connaître le quartier
Les animateurs doivent mener une enquête discrète et aussi complète que possible afin de déterminer les conditions de vie des habitants ainsi que leurs modes de fonctionnements et les rapports de pouvoir. Ils peuvent pour cela se baser sur des personnalités fortes du quartier et sur les méthodes classiques de découverte des quartiers.

2- Mobiliser les habitants
Là encore il faut s’appuyer sur les « leaders » de quartiers, tout en veillant à ce qu’ils ne détournent pas le sens de l’action à leur profit.

3- Transmettre les messages
Face à des populations dont la culture ne les aide pas à comprendre le but purement caritatif des actions des ONG, les animateurs doivent sans cesse faire preuve de pédagogie et peuvent pour cela s’inspirer des méthodes de sensibilisation telles que PHAST ou MARP (voir les fiches C2 et C3).

4- Susciter et accompagner les initiatives des habitants

Lorsque des habitants du quartier font preuve d’initiative, les animateurs essayent de les aider à structurer et à organiser leurs projets en les conseillant et en les accompagnant. Par ailleurs les habitants à fort potentiel peuvent se voir confier la réalisation de micro projets, selon le mode opératoire ci-dessous :

Critères d’éligibilité des microprojets :
-Un groupe porteur dynamique, organisé et solide.
-Un projet destiné à améliorer les conditions de vie des habitants du quartier.
-Une rentabilité financière suffisante pour couvrir les frais de fonctionnement.
-Un projet en accord avec les priorités identifiées dans les plans de développement des quartiers et avec les objectifs du programme Twize.
-Un groupe en mesure d’apporter une participation financière, en nature ou en travail au montage du projet et à son exploitation.
-Un groupe capable de formaliser le projet et de réaliser un budget avec l’appui du conseiller de quartier.

Le cycle du micro-projet :

 

Cet exemple montre que le rôle d’animateur, pratique originale indispensable est relativement complexe et qu’il nécessite une certaine professionnalisation. Il montre également la nécessité d’obtenir le soutien des personnalités politiques locales et des institutions. Mais il montre surtout la variété des solutions et la nécessité d’associer étroitement la population à la réalisation et à la gestion des programmes qui la concerne.

 3) Second exemple

Le Programme biennal d’Inter Aide pour l’accès durable à l’eau potable et à l’assainissement pour les populations pauvres des districts du Loma et du Gena-Dawro en Ethiopie.

Contexte :
Les districts du loma et du Gena-Dawro sont des régions rurales de haute montagne très isolées.
L’action menée par l’ONG InterAide en 2006 – soutenue par la ville de Paris et l’agence de l’eau Seine-Normandie – visait à procurer l’accès à l’eau potable et à l’assainissement à une population pauvre de 11 500 personnes dont la consommation d’eau se limitait à 4 ou 6 litres par jour et par personne, avec des conditions d’hygiène précaires. Par ailleurs un autre objectif était de renforcer les capacités des communautés et des institutions en matière de gestion de l’eau et de l’assainissement. Les ressources en eau sont principalement constituées par des nappes phréatiques captives émergeant sous forme de sources d’altitude.
La zone ne disposait d’aucun réseau d’assainissement ou d’évacuation des eaux usées, et les latrines sèches n’existaient que chez 15% des familles de la région.


Photo Inter Aide

Description de l’action pour l’accès à l’eau :
- Construction de 35 systèmes d’adduction d’eau gravitaires conjointement avec les Woreda Water Offices (services déconcentrés de l’Etat)
- Construction de 1 200 latrines traditionnelles dont 956 latrines réalisées par les habitants eux-mêmes
- Actions de promotion des gestes d’hygiène et formation des usagers et des communautés à la construction, l’utilisation et à l’entretien des points d’eau
- Soutien des « Woreda Water Offices » dans la mise en place de leurs projets de maintenance ; fourniture d’un stock initial de matériel et transfert de la supervision des comités d’usagers.
 
Description de l’action pour le renforcement des capacités locales : 

La mise en œuvre de ce programme s’appuie sur le développement des synergies entre les organisations communautaires et institutionnelles. Le projet vise l’intervention active des communautés bénéficiaires au niveau des différentes phases du projet, notamment par leurs participations physiques à l’exécution des travaux et la mise en place de comités d’usagers (35 au total). En termes de durabilité, l’objectif atteint était que 70% des comités atteignent un niveau d’autonomie technique, organisationnel et financier après 2 ans.

Ces comités doivent rendre compte de leurs activités aux Bureaux de l’Eau de l’Etat. Un système de cotisation sera mis en place et sera de l’ordre de 3 à 5 Birrs par an soit entre 0,30 € et 0,50 €/an.

Ce niveau de cotisation s’explique par le fait que la solvabilité des habitants est particulièrement faible dans ces régions (seuil de survie par actif 75€/an). Si ce type d’ouvrage gravitaire à faible coût d’entretien présente une excellente longévité technique (médiane de survie calculée à 8 ans), il ne favorise cependant pas dans l’immédiat la mise en place de services d’eau rémunérés par un tarif durable.

Finalement le projet a bénéficié à 10 300 usagers, pour un budget total de 163 201 € sur deux ans.. La couverture en accès à l’eau a augmenté de 4,7% sur Loma et de 6,6% sur Gena-Dawro. Les communautés ont largement participé à la construction des ouvrages et participent toujours à la gestion des ouvrages au quotidien.

 4) Où trouver davantage d’informations ?

 a) Sites Internet

- PS Eau, ASVP (Association des volontaires du progrès) et ISF (Ingénieurs sans frontières) : long Rapport de mission de 84 pages « Gestion communautaire des adductions d’eau des centres secondaires au Sénégal » parmi lesquelles figurent de nombreux passages relatifs aux Comités de gestion (notamment pages 11 à 17, 39 à 40 et 55 + Annexes 4 (exemple de règlement intérieur d’un comité de gestion) +, Annexes 5 et 6 (exemples de contrats et de conventions). Disponible, en ligne, sur : http://www.pseau.org/outils/ouvrage...

- GRET, Rapport de 80 pages « L’animation dans un programme de développement urbain » sur le contenu, le mode de réalisation et les résultats du programme TWIZE décrit plus haut ( 4ème exemple). Disponible, en ligne, sur :
http://www.gret.org/wp-content/uplo...

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